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900 000 postes dans les métiers du numérique seront non pourvus en Europe dès 2025. Le contexte COVID accélère l'urgence de la transformation numérique, comme le montre par exemple le manque de sites en ligne des commerçants de proximité qui favoriseraient la consommation locale.

5 stéréotypes freinent les choix de candidat.es à ces métiers pourtant passionnants et bien rémunérés.

1ère idée reçue : "Travailler dans le numérique, c'est être développeur de code".

Il n'y a pas 1 mais des dizaines de métiers du numérique, certains créés seulement il y a quelques années et mal connus.

D'abord, de quoi parle-t-on ? informatique, Tech, Web, digital, numérique ?

Voici notre tentative de définition des métiers du numérique, que l'on vous présente sous forme de poupées russes. C'est une définition subjective et imparfaite dont l'objectif est d'être pédagogique, on l'espère !

Les métiers du numérique sont à prendre au sens large, avec trois poupées russes :

  • la plus petite poupée russe : les métiers liés à l'informatique, c'est à dire tous les postes qui permettent de concevoir, développer et mettre en oeuvre des offres logicielles, sites Web, infrastructures réseaux, applications mobiles et même des jeux vidéos. On y trouve également les métiers d'organisation de projets digitaux, de contrôle qualité ainsi que l'accompagnement de méthodologies projet/produit informatique :
    • Exemples de métiers : développeur/développeuse Web ou mobile, chef.fe de projet, ergonome Web ou mobile, UX Designer, ingénieur.e réseau, cryptologue, concepteur/conceptrice de jeux vidéos, ingénieur.e en réalité virtuelle, business analyst (maîtrise d'ouvrage), coach de méthodologie Agile ...
  • la poupée russe intermédiaire  : les métiers Tech qui englobent les métiers informatiques et les complètent de différentes spécialités techniques au sens large.
    • Exemples de métiers : data scientist avec l'analyse des données, creative technologist, référent.e cybersécurité, domoticien.ne, modeleur/modeleuse 3D, fab manager, pilote de drone ... 
  • la poupée russe qui les englobent tous  : les métiers du numérique qui intègrent également la dimension contenu : communication, marketing digital et e-commerce. 
    • Exemples de métiers : rédacteur/rédactrice Web, community manager, social media manager, digital brand manager, responsable e-commerce, spécialiste du référencement, traffic manager, growth hacker ...

Comme dans toute filière, on retrouve les métiers transverses qui maitrisent le domaine du numérique : consultant.e digital, formateur/formatrice, ingénieur.e commercial en informatique, recruteur/recruteuse de talents numériques, juriste cybersécurité ...

Enfin, le digital étant devenu une compétence généralisée, de plus en plus de métiers hybrides voient le jour qui combinent une double compétence, comme géomaticien.ne qui croise géographie et informatique, utile pour les usages GPS.

Vous pensez toujours qu'il y a un seul métier ?

Pour aller plus loin : les sites d'orientations Cidj , Onisep et celui de la fédération SYNTEC syndicat des professionnels spécialisé dans les professions du numérique et de l'informatique. 

2ème idée reçue : "Le numérique, c'est pour les bons en mathématiques".

Dans cette phase remontent les complexes des écoliers souvent catégorisés entre matheux et littéraires. 

Expérience de Mère 2.0 : " Plutôt matheuse, j'ai suivi un cursus en informatique. Mais trouver des solutions à des problèmes concrets pour de vraies personnes, être créatif en équipe, tester sans cesse pour améliorer le résultat est très loin de l'apprentissage théorique des mathématiques. En travaillant sur des schémas de base de données (représentation visuelle d'un client, d'un compte bancaire ...), je me suis rendue compte que je possède une intelligence visuelle qui n'est pas développée à l'école. Grâce à mes années en informatique, j'ai acquis cette capacité à modéliser visuellement les éléments d'un produit, établir les liens entre eux pour réaliser rapidement une 1ère version concrète d'un service.

Je me souviens aussi de mon professeur de français toujours découragé de mes productions littéraires : thèse / synthèse / antithèse... difficile pour moi ! Et pourtant, je co-écris aujourd'hui avec ma fille le 150ème article de ce blog ! Ecrire un article Web est très différent d'un devoir de français : au lieu de donner son opinion à la fin d'un argumentaire de plusieurs paragraphes, il faut au contraire aller droit au but en se mettant à la place du lecteur pressé, en combinant différents formats : vidéos, sketchnotes, images ..."

Expérience de Fille 2.0 : " Bac L, une année de philosophie puis un Master de Médiation culturelle, je suis au départ une vraie littéraire ! Je suis devenue Content & Community Manager dans la start-up Golden Bees après une dernière année de Master en Marketing Digital. Pour ma génération qui a grandi avec le digital, c'était une évidence de rejoindre un métier du numérique. On ne peut plus faire sans. Je ne pouvais pas passer à côté d'une professionnalisation de mes usages quotidiens. Ecrire pour le Web aujourd'hui, c'est comme utiliser autrefois une machine à écrire pour créer son contenu. Le digital est un outil, c'est une base comme lire et écrire et non une fin en soi. C'est même un super pouvoir qui permet de créer un produit ou service, le faire connaître, exprimer sa voix. Nous ne sommes pas tous obligés de développer des lignes de code pour se saisir de ces nouveaux métiers, car les compétences numériques peuvent être complémentaires à tous les métiers existants ou à venir.

Restons ouverts vers les nouveaux possibles : ce sont les envies qui permettent de s'épanouir dans les métiers du numérique qui développent des compétences mixtes et sont prêts à accueillir les curieux."

3ème idée reçue : " Les métiers du numérique sont réservés aux jeunes, c'est trop tard pour moi".

C'est une idée reçue limitante sur les métiers du numérique mais même au delà de ces métiers : 80% des métiers d'ici 2030 n'existent pas encore. Il y a une nécessité et aussi une opportunité à apprendre sans cesse, évoluer, et même à changer de métier plusieurs fois dans notre vie. 

Les entreprises cassent ces stéréotypes en proposant des parcours longs de formation à leurs collaborateurs pour évoluer ou se reconvertir en interne vers les dizaines de nouveaux métiers liés à l'innovation et à la Tech.

On peut penser qu'en changeant de métier, on repart de zéro. Pas du tout ! Chacun.e a acquis des connaissances métiers, d'organisation, de travail en collectif... Un nouveau métier dans les nouvelles technologies est une ouverture pour apprendre de nouvelles compétences tout en apportant une réelle plus value grâce à ses précédents acquis.

On peut donc à tout âge s'orienter vers ses métiers. La clé est la confiance dans ses compétences, en particulier les "soft skills" : la créativité, la curiosité, l'esprit collectif, le sens de l'organisation ... 

Pour aller plus loin : YouTube pour tout apprendre gratuitement, les Moocs sur Coursera ou FUN, la plateforme digitale OpenClassrooms, les programmes SoftKids qui permettent de développer et prendre confiance sur ses compétences comportementales dès l'enfance et Chut! le magazine à l'écoute du numérique.

4ème idée reçue : "Il faut un Bac + 5 pour accéder aux métiers du numérique "

Evidemment, pour devenir ingénieur.e en réalité virtuelle, un bagage scientifique avec plusieurs années d'étude est recommandé.

Mais la diversité des métiers du numérique permet de choisir son futur métier avec différents niveaux d'étude, avec le Bac et même sans le Bac.

Je vous recommande la lecture de cet article de l'Etudiant qui fournit la carte des formations sans le Bac en France et indique les parcours de formations de la Web Academy, Simplon, L'Ecole 42 et de la Grande Ecole du Numérique, annuaire de 400 formations du numérique où l'on retrouve également la plateforme digitale OpenClassrooms.

La clé est la mise en pratique rapide des compétences grâce à des projets concrets et des périodes en entreprise (stages, alternances), avec bien sûr une forte motivation.

5ème idée reçue : "Les métiers du numérique sont réservés aux hommes, aux "Geek" que l'on voit à la télé "

Un imaginaire collectif s'est développé dans certains pays occidentaux, en particulier en France, qui associe informatique et jeune homme asocial, le Geek. 

Il s'est construit dans les années 90 quand l'ordinateur individuel s'est installé dans les foyers avec son adoption par les jeunes adolescents devant l'écran jour et nuit, à jouer aux jeux vidéos avec une "Game Boy". Le marketing a suivi avec les ordinateurs au rayon jouets garçon, tandis que les poney rose ont continué de fleurir dans les rayons fille. Alors qu'en France, 48% des Geeks sont en fait des femmes qui jouent régulièrement aux jeux vidéos !

Le cinéma ou les séries ont maintenu le mythe avec le choix d'hommes génies de l'informatique comme dans la série "Le Bureau des Légendes", tandis qu'une rare femme Geek est Lisbeth Salander dans Millénium : asociale, atteinte d'un trouble de l'autisme au look androgyne et effrayant. Heureusement, Black Panther casse tous les stéréotypes avec le personnage féminin tout en finesse de Shuri, scientifique de génie.

Cette idée reçue exclut les femmes qui s'excluent elles-mêmes, avec un enjeu économique majeur : le PIB européen pourrait augmenter de 610 à 820 milliards d'euros d'ici 2050 si les femmes se saisissaient des métiers du numérique.

Il n'y a pas de fatalité. On peut inverser la narration en redécouvrant les pionnières de l'informatique, comme :

  • Ada Lovelace, le 1er codeur au monde,
  • Hedy Lamarr  actrice sacrée "la plus belle femme du monde" et inventrice des bases du WIFI et du GPS,
  • Margaret Hamilton, informaticienne pour la NASA, qui a écrit avec son équipe la plus grande partie du code d'Appolo 11,

et bien d'autres d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Pour aller plus loin : les associations engagées Digital Ladies & Allies, DiversidaysSimplon, #JamaisSansElles, E-mma, Becomtech, Women's Forum, Startup for KidsSISTA, Journée de la Femme Digitale, For Women in Science, IT4Girls et Mixity qui cartographie l'empreinte inclusion et mixité de votre entreprise, 50inTech, l'Olympiade Féminine de Mathématiques de BeSMART-edu  ...

Les métiers du numérique sont pour tous, quelque soit l'âge, le genre et le parcours. On peut même apprendre sans écran ! C'est le projet de COLORI pour préparer toutes les générations futures dès 3 ans.

Aujourd'hui, pourquoi pas moi ? pourquoi pas vous ?

Tag(s) : #Le Web décrypté, #Notre vie digitale, #Changeons le monde !, #Sketchnote