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Si vous n’utilisez pas Twitter, une petite révolution vous a échappé : la longueur des tweets est passée de 140 à 280 caractères.

Si vous êtes twittos, vous savez qu’un grand changement vient de bousculer le socle et l’ADN de Twitter. Et vous êtes peut-être comme beaucoup perplexes sur  la suite.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que la forme des échanges impacte directement la société au travers du contenu produit et partagé.  Avec un ton, une manière de parler et d’échanger qui structurent différemment nos interactions avec les autres, même dans le contexte professionnel.

1ère clé : comprendre l’impact des 140 caractères des messages  en 3 époques–clés  

Petit rappel en arrière sur mon expérience des contenus dans plusieurs entreprises (Mère 2.0 a l’impression ici d’être dinosauresque 😄 )

 

Avant la messagerie électronique, pour échanger en entreprise, c’était soit le téléphone soit le courrier tapé par l’assistant(e) (qui avait accès à un ordinateur « personnel » et des logiciels de bureautique).

C’était donc peu fréquent et très formel avec l’usage du vouvoiement et de l’utilisation de formules de politesse académiques. Le contenu était lu, relu et validé par le responsable hiérarchique. La position des signatures marquait le niveau hiérarchique : la signature du plus plus gradé à gauche. Celle du moins gradé à droite.

Au delà de cette pratique codifiée, les décisions étaient quasiment prises le matin tôt au café du coin où tous les niveaux hiérarchiques se mélangeaient avec bonne humeur et relations authentiques.

Avec la messagerie électronique, l’information est fluide et rapide. Mais la messagerie va généraliser la pratique écrite précédente. Le ton reste dans l’héritage du courrier papier : formules de politesse qui se terminent pas un « Bien cordialement », vouvoiement, structure hiérarchique en copie. Pas de limites à la taille du message, et c’est sans fin. Parfois pour ne rien dire de cordial, au contraire. L’écran crée une distance. Le temps de l’échange au café se raccourcit : il faut traiter les mails !

Et puis en 2006 nait Twitter avec une limite de 140 caractères par message. C’est peu, très peu 140 caractères ! Comment faire ?  Exit les formules de politesse. Exit le vouvoiement. Car la bienveillance est de mise avec une relation simple et directe. Exit deux sujets dans un même message. Il va falloir être court et attractif ! Penser au lecteur pour qu’il comprenne en peu de caractères grâce à des mots-clés (les fameux #hashtags). Un vrai exercice de haut vol. Le visuel qui accompagne le tweet est essentiel pour la clarté.

 

Un vrai bol d’oxygène qui rayonne aussi dans l’entreprise. Les mails deviennent courts, ciblés sur un sujet. On les finit par « Bien à toi ». La réponse peut tenir en un émoji pour marquer son accord et sa validation. Le tutoiement se généralise. Et même quand le vouvoiement reste, l’usage du prénom est couramment admis « Bonjour Sophie, ».  Dans les réunions, les Power Point s’allègent du texte pour afficher images, dessins, schémas.

D’où l’effroi : retournerons-nous à l’obésité des caractères, la lourdeur des mots qui entrave une relation simple et directe ?

 

2ème clé : En réalité quels sont les 3 impacts probables de ce changement ?

Au delà du bénéfice pour les marques, en particulier sur le SAV ou la communication, voici ce que je retiens :

  • La capacité à développer un avis, un point de vue, ce qui va apporter de la profondeur dans le contenu et les échanges. Le tweet ci-joint montre joliment  la comparaison. Les talents rédactionnels des twittos devraient pouvoir s’épanouir. C’est l’aspect positif bien sûr.
  • Le développement des conversations en intégrant plus de mentions, c’est-à-dire la possibilité de citer des twittos qui vont recevoir une notification. Le contenu vient à eux. Les twittos vont pouvoir repérer le tweet dans le flux instantané et continu de Twitter ; et ainsi s’engager plus facilement en le relayant. Personnellement, la pratique des mentions est à utiliser avec modération. Cela donne des listes à rallonge de noms dans un tweet qui devient peu attractif.

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  • L’augmentation de l’usage de vidéos ou de GIF. C’est un effet collatéral au point précédent. La seule façon d’engager plusieurs personnes était de détourner la fonctionnalité photo qui permettait d’identifier 10 twittos présents sur une photo.  En "vrai", les twittos chevronnés mentionnaient les personnes potentiellement intéressées par le sujet du tweet, sans lien avec leur présence ou non sur la photo. Cette fonctionnalité n’existe pas pour une vidéo et un GIF. L’ouverture des 280 caractères va permettre de rééquilibrer les atouts des différents formats.

 

Ce mouvement est à suivre. On entend des rumeurs pour l’ouverture à 10 000 caractères ? Est-ce que Twitter va rester Twitter ?

Les réactions des twittos sont déjà nombreuses pour les 280 caractères !

A suivre donc !

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Tag(s) : #Le Web décrypté, #Pêle-mêle du mois, #Notre vie digitale